Affichage des articles dont le libellé est violon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est violon. Afficher tous les articles

mercredi 2 septembre 2015

con sordino o senza sordino : Avec ou sans sourdine ? - Orchestre à cordes et solistes

Ce blog n'est plus tenu à jour



con sordino o senza sordino


Avec ou sans sourdine ?



     Afin de pouvoir répondre sans hésitation par vous-même au moment de vos compositions et de vos orchestrations, voici à votre disposition une base d'écoute qui vous permettra de comparer les différents choix. Vous pourrez entendre le même extrait interprété :

     -   senza sordino par un alto solo
     -   con sordino par un alto solo, avec 6 sourdines différentes
     -   senza sordino par un orchestre à cordes
     -   con sordino par un orchestre à cordes


     Pour bien comprendre et faire le tour du sujet, je vous propose d'abord d'étudier le fonctionnement des sourdines et d'en découvrir les différents types.


          Qu'est-ce qu'une sourdine et comment fonctionne-t-elle ?


     Chez les instruments à cordes frottées, la sourdine est un accessoire qui vient se placer sur le chevalet.


Différentes sourdines, présentées plus bas

     En ajoutant de la masse au chevalet, la sourdine restreint la transmission des vibrations des cordes à la caisse de résonance, engendrant ainsi une atténuation de l'intensité sonore.

     En ajoutant du poids au chevalet, la sourdine augmente son inertie. Ainsi les transitoires seront atténués, de même que les fréquences aiguës, donc en plus de diminuer l'intensité sonore, la sourdine change le timbre de l'instrument :

     -   une atténuation des transitoires signifie que les attaques et les changements de notes seront légèrement plus lents et moins marqués.
     -   une atténuation des fréquences aiguës signifie d'une part que la sourdine affectera plus les notes aiguës que les notes graves, et d'autre part que les composantes harmoniques du son seront plus atténuées que le fondamental, et que plus ses composantes seront élevées, plus elles seront atténuées.

          Les différentes sourdines


     Il existe de nombreuses sourdines différentes. Voici une présentation de six d'entre elles sur un même extrait joué à l'alto.

     La plupart des sourdines ont une utilisation principale traditionnelle, mais toutes les sourdines peuvent être utilisées dans toutes les conditions. L'intérêt de cet article est de vous permettre d'aller plus loin dans l'utilisation des sourdines au moment de la composition et de l'orchestration : ne vous limitez pas nécessairement aux utilisations "classiques" !

     Commençons par écouter l'extrait senza sordino (sans sourdine), tel que le jouerait un altiste si rien n'était précisé sur la partition.



     La sourdine tourte est la plus courante, c'est celle que l'on croise le plus souvent dans l'orchestre. La sourdine tourte est posée entre la deuxième et la troisième corde lorsqu'elle n'est pas utilisée. Pour passer con sord. il suffit de la faire glisser le long de ces cordes et de l'accrocher au chevalet, ce qui est très rapide.


     Elle est en plastique, avec optionnellement un aimant en son centre qui l'alourdit et lui permet de vernir se caler contre un autre aimant qui peut être fixé sur le cordier (le deuxième aimant est bien visible sur cette photo).






     La sourdine à trois pointes en bois est plus traditionnellement utilisée en musique de chambre ou à la maison (elle est parfois appelée sourdine d'hôtel car elle permet de répéter sans déranger les voisins). Posée sur le pupitre, il faut compter 3 secondes pour la mettre ou l'enlever sans se précipiter.





     La sourdine à trois pointes existe aussi dans une version avec un plomb qui l'alourdit considérablement. Elle est presque uniquement utilisée pour répéter de façon silencieuse... mais comme les autres sourdines... utilisez-la de façon inattendue !





     Toujours avec la sourdine à trois pointes avec plomb, mais dans la nuance forte.



     La sourdine Heifetz, en plastique et beaucoup moins lourde, permet d'avoir une légère différence de timbre tout en conservant une intensité importante, ce qui en fait une sourdine adaptée pour jouer en soliste avec un orchestre.






     La sourdine Roth Sihon peut être un peu difficile à installer les premières fois, mais c'est celle qui permet de passer le plus rapidement possible de con sord. à senza sord. et inversement : il suffit de la faire glisser le long des cordes sans même avoir à l'accrocher au chevalet.






     Enfin, la solution de secours... ou peut-être le timbre exact que vous recherchez !







          La sourdine dans l'orchestre à cordes



     L'usage de la sourdine ne se limite pas exclusivement aux instruments solistes. Voici un extrait de la musique du film "La Volante" de Christophe ALI et Nicolas BONILAURI, composée par Jérôme LEMONNIER dont nous pourrons comparer les versions avec et sans sourdine.





     Afin de pouvoir nous concentrer pleinement sur les cordes frottées, la harpe a été retirée de l'enregistrement. Je vous conseille vivement d'écouter la version complète mixée par Pierre BIANCHI disponible d'ici peu et dont un lien sera inséré ici-même.




          Enregistrements des différents cas


     Voici en premier lieu une version senza sordino :



     Puis la version con sordino (correspondant à la partition) :



          Spectrogrammes de ces enregistrements


     Un spectrogramme est une représentation d'un spectre de fréquences en fonction du temps. Les fréquences sont représentées de bas en haut des plus graves aux plus aiguës, et le temps défile de gauche à droite.

     Voici en premier le spectrogramme des 12 premières secondes (mesures 3 et 4 sur la partition) de l'orchestre senza sordino, puis en second celles de l'orchestre con sordinoPour comparer les signaux à intensité équivalente, j'ai augmenté le niveau de la prise con sordino  :

Orchestre senza sordino


Orchestre con sordino

     Sur les deux spectrogrammes, les fondamentaux correspondent aux 4 traits situés approximativement à :
     -   1 s     ;  930 Hz
     -   3 s     ;  660 Hz
     -   5,3 s  ;  780 Hz
     -   7,7 s  ;  550 Hz

     Les traits situés plus haut correspondent aux harmoniques de ces fondamentaux. Plus les traits sont lumineux et larges, plus leur intensité est grande.


     De façon remarquable, le rapport de l'intensité des harmoniques sur l'intensité du fondamental est bien plus petit sur le spectrogramme con sordino que sur celui senza sordino. C'est une constatation visuelle de l'atténuation des harmoniques par la sourdine.

     Aussi, en allant de gauche à droite (c'est à dire dans le sens du temps), les traits commencent moins nettement sur le spectrogramme con sordino que sur celui senza sordino. C'est une constatation visuelle de l'atténuation des transitoires par la sourdine.


---

     Ainsi vous aurez pu constater par l'écoute et par la visualisation les différents phénomènes décrits dans la partie sur le fonctionnement de la sourdine qui sont pour rappel :

     -   une atténuation de l'intensité globale du son (varie grandement suivant les sourdines)
     -   une atténuation des transitoires
     -   une atténuation plus marquée sur les fréquences aiguës (dont les harmoniques)

---


Remerciements

Jérôme LEMONNIER, compositeur et chef d'orchestre lors de l'enregistrement de la musique
au Studio Dada à Bruxelles
Tom DERCOURT, producteur du film "La Volante"
Maxime PERREAU, avec sa collection de sourdines, pour l'enregistrement des extraits à l'alto
au Studio La Majeur à Paris

mercredi 25 février 2015

Les harmoniques chez les instruments à cordes - Partie 3 : Quelques effets sur les harmoniques

Ce blog n'est plus tenu à jour




<<  Article précédent                      Autres dossiers                      Article suivant  >>


Les harmoniques chez les instruments à cordes


Quelques effets sur les harmoniques



     Cette liste ne se veut pas exhaustive. Elle a pour but de souligner une sélection d'effets et de montrer leurs limites. De permettre des ouvertures pour les compositeurs et les instrumentistes qui ne seraient pas familiers du phénomène, et d'apporter quelques détails non sans importance pour ceux qui les connaissent mais n'ont pas encore eu l'occasion de les expérimenter.


          Le trémolo harmonique


Quelques trémolos sur des harmoniques naturels :





Pour comparaison : voici un trémolo sur un harmonique naturel et un trémolo sur un fondamental.
Il faut noter que dans ce cas précis, les doigts sont exactement au même endroit pour les deux sons : seule la façon d'appuyer sur la corde change. Dans le premier cas elle n'est qu'effleurée, dans le second cas l'instrumentiste appuie franchement.






Quelques trémolos sur des harmoniques artificiels :






Comme pour les harmoniques sans effets, c'est l'harmonique de rang 4 qui est le plus simple à obtenir en trémolo.


          Le pizzicato harmonique




Les pizzicatos sont d'un très bon effet sur les harmoniques naturels et sans surprise, moins le rang est élevé, mieux ils sonnent.

Pour les harmoniques artificiels, l'instrumentiste est obligé de laisser le doigt définissant la longueur de corde vibrante en place. Ce doigt va absorber une partie importante de l’énergie cinétique ce qui aura pour effet de faire diminuer très rapidement l'intensité du son.


          Le glissando d'harmoniques naturels


Pour le glissando d'harmoniques artificiels : l'instrumentiste part d'un harmonique artificiel et fait glisser les deux doigts sur la corde en conservant l'intervalle qui les sépare. Difficile à exécuter, il permet d'effectuer un glissando comparable à celui du fondamental mais sur un autre rang d'harmonique avec le changement de timbre qui est impliqué.

Le glissando d'harmoniques naturels est plus simple à réaliser et d'un effet beaucoup plus original. En effleurant une corde à vide sur une partie ou l'ensemble de sa longueur, le musicien fait ainsi ressortir plusieurs harmoniques (la liste des harmoniques naturels du violon, de l'alto, du violoncelle et de la contrebasse sont disponibles dans leurs tablatures d'harmoniques respectives).




Le glissando d'harmoniques naturels est bien plus puissant sur les cordes graves et les harmoniques ressortent mieux. L'utilisation du glissando d'harmoniques est plus valorisante sur le violoncelle et la contrebasse. Les cordes aiguës permettent aussi des effets très intéressants.


Sortie la semaine prochaine d'un instrument virtuel Kontakt gratuit sur le glissando d'harmoniques au violoncelle !!!




Merci à Agathe HEMMO, violoniste

<<  Article précédent                      Autres dossiers                      Article suivant  >>

mercredi 28 janvier 2015

Les harmoniques chez les instruments à cordes - Tablature des harmoniques du violon

Ce blog n'est plus tenu à jour



Autres dossiers                             Article suivant  >>

Les harmoniques chez les instruments à cordes



Les principaux harmoniques du violon


          Les harmoniques naturels par corde


Il existe d'autres harmoniques naturels plus aigus sur chaque corde. Ils sont beaucoup plus difficiles à atteindre. En dehors d'un travail spécifique avec l'instrumentiste, il est recommandé de s'en tenir à cette liste.





          Les harmoniques naturels dans l'ordre ascendant


Sauf dans le cas d'une recherche particulière sur le timbre, lorsque plusieurs possibilités sont offertes pour une même note, il est conseillé de choisir dans l'ordre l'harmonique de rang : 3, 4, 2, 6 ou 5 (les choix sont expliqués dans les deux premiers articles de la série). Enfin, à rang équivalent, c'est traditionnellement l'emplacement le plus grave qui est choisi. Le rang est indiqué ici au-dessus du résultat.




          Les harmoniques artificiels par corde



Les limites de hauteurs proposées dans cette tablature dépassent largement celles présentées par la plupart des traités d'orchestration et d'instrumentation. Elles dépendent du niveau de l'instrumentiste et de son entraînement aux harmoniques.
Au cours des essais pour la réalisation de cette série d'articles, la violoniste est allée une octave au-dessus des hauteurs les plus élevées indiquées ici sur chacune des cordes, il reste donc une certaine marge.



          Les harmoniques artificiels dans l'ordre ascendant


Si le choix de la corde n'est pas indiqué, l'instrumentiste jouera par défaut sur la plus aiguë (sauf dans quelques cas pour des raisons d'enchaînement de doigtés). La quinte est légèrement plus puissante et facile à obtenir que la quarte, et leurs timbres sont remarquablement différents. Un exemple sonore sur des mi au violon est disponible dans l'article 2.



Autres dossiers                             Article suivant  >>

mercredi 21 janvier 2015

Les harmoniques chez les instruments à cordes - Partie 2 : L'écriture et le résultat sonore

Ce blog n'est plus tenu à jour



<<  Article précédent                      Autres dossiers                      Article suivant  >>


Les harmoniques chez les instruments à cordes


L'écriture et le résultat sonore



     Dans cette partie, les exemples seront pris sur le violon. L'ensemble des principes est directement transposable à tous les instruments à cordes (frottées et pincées). Les spécificités de l'alto, du violoncelle et de la contrebasse ainsi que leurs tablatures d'harmoniques seront détaillées plus tard.


          Les harmoniques naturels


Les harmoniques naturels sont ceux que nous obtenons sur une corde à vide en effleurant la corde du doigt en un point. C'est ce point qui est écrit sur la partition :

  • dans le cas où l'harmonique correspond à la note qui se trouve au même endroit pour un jeu sans harmonique, il suffit d'ajouter un point au-dessus de la note (la hauteur écrite correspond à la hauteur entendue) :

  • dans les autres cas, nous écrivons la position du doigt avec une tête de note en forme de losange :

Sur la corde de sol d'un violon, nous pouvons obtenir l'ensemble de ces harmoniques :




La précision de la corde (ici « sul G ») n'est pas obligatoire, mais peut s'avérer utile dans certains cas si le compositeur a une préférence.

Étant donné la différence entre certains harmoniques et le tempérament égal (se référer à la partie sur le phénomène physique), il faut noter que pour les harmoniques de rang 5 et 7, la position du doigt ne correspondra pas exactement à celles des notes écrites et le résultat sonore sera faux par rapport au tempérament égal.


Par symétrie, tous les harmoniques peuvent être joués de deux façons différentes sur la même corde. Par exemple l'harmonique de rang 3 peut être joué en effleurant la corde au tiers ou aux deux tiers de sa longueur. Sauf l'harmonique de rang 2 puisqu'il se situe au milieu de la corde :




Enfin, certaines notes harmoniques sont accessibles depuis différentes cordes :




Pour l'ensemble des possibilités d'harmoniques naturels du violon, de l'alto, du violoncelle et de la contrebasse, se référer aux tablatures correspondant à chaque instrument (tablatures par corde et par hauteur).


          Les harmoniques artificiels


Pour créer un harmonique artificiel, le musicien doit appuyer franchement en un point de la corde pour définir la longueur de corde vibrante, et effleurer un autre point afin de choisir le rang de l'harmonique qu'il souhaite obtenir.

Le point définissant la longueur de corde vibrante est écrit en notation traditionnelle, et le point d'effleurement est écrit en losange.

Ainsi, pour obtenir un ré5 depuis la corde de sol du violon, le compositeur a le choix entre harmonique naturel et artificiel :



En choisissant la longueur de corde vibrante, cela permet d'accéder à l'ensemble du chromatisme en sons harmoniques (se référer aux tablatures par hauteur des harmoniques naturels pour voir les limites de ces derniers).

La position relative du point d'effleurement par rapport au premier doigt permet de définir le rang de l'harmonique :

Rang d'harmonique
Position relative
Hauteur obtenue par rapport à la longueur de corde vibrante
2 Octave Octave
3 Quinte Douzième
4 Quarte Double octave
5 Tierce M 2 octaves + 1 tierce M
6 Tierce m 2 octaves + 1 quinte
9 Seconde 3 octaves + 1 seconde

  • Pour des questions d'écarts de doigts, l'harmonique artificiel de rang 2 (octave) est très inconfortable et difficile à tenir sans trembler (encore plus sur le bas de la corde où il peut devenir impossible suivant la taille des mains). Son timbre très particulier correspond rarement à ce qui est recherché dans les harmoniques.
  • L'harmonique de rang 9 est très délicat à attraper et à conserver. N'ayant pas de caractéristique sonore notable par rapport à d'autres harmoniques plus simples, il n'est pratiquement jamais utilisé.
  • Plus aisés que l'harmonique de rang 9 mais bien plus difficiles que les harmoniques de rangs 3 et 4, les harmoniques de rangs 5 et 6 sont d'un effet peu convainquant et souvent d'une justesse approximative : leur utilisation est déconseillée.
  • Pour le timbre, la justesse et la facilité de jeu, l'utilisation des harmoniques de rang 3 et 4 (quinte et quarte) est conseillée



Voici la même note jouée sur différents rangs d'harmoniques et sur deux cordes différentes pour les harmoniques de rangs 3 et 4. Il est important de noter la différence de timbre par rapport au choix de la corde.





          Quelques conseils sur les choix d'écriture et pour la préparation d'une session d'enregistrement


Compte tenu de la différence d'effet des harmoniques de différents rangs, il est conseillé de rester sur des rangs proches pour conserver une homogénéité, à moins bien sûr de vouloir jouer sur les différences de timbre et d'attaque. De façon générale, dans le cas d'harmoniques artificiels, il n'y a aucun problème tant que nous restons sur les harmoniques de rangs 3 et 4.

Toujours pour des questions d'homogénéité, mieux vaut ne pas changer de corde au cours d'une même phrase, sauf dans le cas de recherche d'effet particulier. Les tessitures des harmoniques de rang 3 et 4 de chaque corde du violon, de l'alto, du violoncelle et de la contrebasse sont indiquées dans leurs tablatures respectives.


L'enchaînement de plusieurs harmoniques n'est pas toujours évident. Dans le cas d'enregistrement d'orchestre, il est conseillé d'alterner (les notes d'une même phrase) entre deux pupitres (entres les violons 1 et 2, ou bien en divisant le pupitre des violoncelles...).

Dans le cas d'instrument soliste ou si le pupitre n'est pas assez fourni, répartir la phrase en deux prises est une solution qui permettra à la fois de gagner beaucoup de temps et d'avoir un meilleur résultat.


Quelques partitions proposent des doubles harmoniques (chez Paganini par exemple). Leur intérêt principal réside dans la démonstration de virtuosité. Ils n'ont aucune raison d'être dans des parties d'orchestre ou même chez les solistes lors de séances d'enregistrement. Encore une fois, les répartitions, les divisi ou le doublage des prises permettra de gagner beaucoup de temps et d'avoir un meilleur résultat.




Merci à Agathe HEMMO, violoniste


<<  Article précédent                      Autres dossiers                      Article suivant  >>

mercredi 14 janvier 2015

Les harmoniques chez les instruments à cordes - Partie 1 : Le phénomène physique

Ce blog n'est plus tenu à jour




Autres dossiers                             Article suivant  >>

Les harmoniques chez les instruments à cordes


Le phénomène physique



     Chez les instruments à cordes, le son est obtenu par excitation de la corde (pincement, frottement d'un archet...). Un son dit harmonique peut être produit lorsqu'en addition de cette excitation, un effleurement est appliqué à certains endroits précis de la corde. Le timbre qui en résulte est différent du fondamental, d'où son intérêt musical.


          La fréquence du fondamental



Le fondamental correspond au son obtenu par une excitation simple de la corde. Elle peut être libre dans toute sa longueur (« corde à vide »), ou divisée en un point de façon franche (par un doigt, un capodastre...), l'excitation ne se propage alors que sur une partie de la corde.

Le fondamental est considéré comme l'harmonique de rang 1.


La fréquence fondamentale F du signal (en Hertz, Hz) dépend :
  • de la masse linéique µ de la corde (en kilogrammes par mètre, kg/m)
  • de la tension T de la corde (en newtons, N)
  • de la longueur vibrante L de la corde (en mètres, M)

Nous pouvons établir le rapport suivant entre des longueurs de cordes l1 et l2 et leurs fréquences respectives f1 et f2 :


Ainsi, si le musicien place son doigt au tiers d'une corde de longueur L, la vibration se restreint alors aux deux tiers restants de la corde (longueur 2 l3) et la fréquence f3 du fondamental devient :


Un rapport de fréquences de 3/2 correspond à un écart d'une quinte, donc f3 se situe une quinte plus haute que F.


          L'harmonique de rang 2


En effleurant la corde à la moitié de sa longueur, nous obtenons la création d'un nœud à cet emplacement :


La fréquence f2 de l'harmonique de rang 2 dépend de la longueur l2 :


Un rapport de fréquence du simple au double correspond à une octave, donc l'harmonique de rang 2 est situé une octave au-dessus du fondamental.



          Les harmoniques de rang n


Le musiciens place à nouveau son doigt au tiers de la corde, mais uniquement en l'effleurant cette fois-ci. Deux nœuds se créent, et la corde est alors divisée en trois zones vibrantes de longueur l3 = l1 / 3 :


La fréquence f3 de l'harmonique de rang 3 est alors :


Le rapport de fréquence n'est plus de 3/2 comme lorsque le musicien appuyait franchement sur la corde mais de 3, ce qui correspond à un intervalle de douzième.


De la même façon, le musicien peut créer des nœuds en appuyant sur des divisions entières de la corde (moitié, tiers et deux tiers, quart et trois quarts, cinquième, deux cinquièmes etc...).
De façon générale, la fréquence d'un harmonique de rang n par rapport au fondamental F est :


Le rang de l'harmonique correspond donc directement au rapport de fréquence avec le fondamental.


Les notes de la gamme à tempérament égal - que nous utilisons très majoritairement dans la musique occidentale - nous viennent des harmoniques et du cycle des quintes qui en est induit (pour faire court, car l'origine des gammes et des tempéraments est aussi longue que passionnante). Cependant, afin d'obtenir le même espace entre chaque demi-ton, il a fallu s'écarter plus ou moins de la hauteur produite naturellement par les harmoniques.

Ce tableau indique l'intervalle entre le fondamental et les harmoniques, en précisant l'écart entre l'harmonique et la note de la gamme à tempérament égal la plus proche.


Rang de l'harmonique Intervalle tempéré le plus proche Ecart avec l'intervalle de la gamme à tempérament égal le plus proche (en cent) Note de la gamme tempérée la plus proche si le fondamental est un do0
1 Unisson 0 do0
2 Octave 0 do1
3 Douzième 2 sol1
4 Double octave 0 do2
5 2 octaves + 1 tierce -14 mi2
6 2 octaves + 1 quinte 2 sol2
7 2 octaves + 1 septième mineure -31 sib2
8 3 octaves 0 do3
9 3 octaves + 1 seconde 4 3
10 3 octaves + 1 tierce -14 mi3
11 3 octaves + 1 quarte augmentée -49 fa#3
12 3 octaves + 1 quinte 2 sol3

Pour des raisons de justesse en tempérament égal, il est déconseillé d'utiliser les harmoniques de rang 5, 7, 10 et 11. Dans le cas d'une écriture en tempérament juste, seul l'harmonique de rang 11 est à éviter.


          Les fréquences du fondamental et des harmoniques en fonction de la position du doigt


Comme nous avons pu le remarquer, pour un emplacement donné sur la corde, si le musicien appuie franchement ou s'il l'effleure, le phénomène physique et le son perçu peuvent être complètement différents.


  • les ondes en traits continus noirs correspondent au son harmonique dans le cas où le musicien effleure la corde
  • les ondes en traits pointillés rouges correspondent au son fondamental dans le cas où le musicien appuie franchement sur la corde

Dans le cas oùavec L la longueur totale de la corde, ln la partie séparée non excitée et n un entier, nous obtenons :
  • pour les harmoniques :
  • pour le fondamental :
  • ce qui nous permet d'avoir le rapport :

Pour les premières divisions, nous obtenons alors :

Division de la corde (1/n) Fréquence fondamentale Intervalle tempéré le plus proche Fréquence de l'harmonique Intervalle tempéré le plus proche
1 F Unisson Ø Ø
2 2 F Octave 2 F Octave
3 3/2 F Quinte 3 F Douzième
4 4/3 F Quarte 4 F Double octave
5 5/4 F Tierce M 5 F 2 octaves + 1 tierce M
6 6/5 F Tierce m 6 F 2 octaves + 1 quinte
... ... ... ... ...
9 9/8 F Seconde 9 F 3 octaves + 1 seconde


Autres dossiers                             Article suivant  >>